Quand Dame-Nature s’en mêle
Marathon de Québec – 29 août 2010
Après chaque marathon, je viens raconter en détails l’avant, le pendant et l’après course, question de pouvoir venir relire l’histoire de mes marathons lorsque je me prépare pour un nouveau marathon, ou simplement lorsque j’en ai envie… ça fait drôle de relire l’histoire de mon premier marathon à Québec, il y a déjà 4 ans. J’ai déjà 6 marathons à mon actif depuis ce temps!
Tout ça commence par une diète de diurétique, c’est-à-dire que je ne bois aucun diurétique pendant les 2 semaines précédent un marathon. J’ai besoin de tous mes électrolytes et d’être hydraté au maximum, je mets toutes les chances de mon bord!
L’avant course
Samedi le 28 août, 3è jour de repos avant le grand jour et nous partons pour Québec. Quand je dis nous, je parle de ma blonde et mes parents puisque ceux-ci font le voyage avec nous pour venir me supporter, comme en 2008 à mon 2è Marathon des Deux-Rives. En 2008, mon frère Pierre-Marc et sa blonde Mireille étaient aussi de la partie.
Tout comme en 2008, nous allons loger au Palace Royale (Hôtels Jaro), située sur Honoré-Mercier, à environ 500m de la ligne d’arrivée et du Palais des Congrès, lieu où nous devons aller récupérer notre sac du coureur. Ma réservation était faite depuis le mois de juin. Nous avons eu un peu de pluie lors du départ de St-Paulin mais plus on avançait, plus le temps de dégageait. Ce n’était super chaud et c’était venteux.
Une fois arrivé à l’hôtel, nous avons récupéré notre chambre et nous sommes allés au Palais des Congrès, situé tout juste à côté de l’hôtel Hilton, sur René-Lévesque, où se situe l’expo-marathon, endroit où l’on doit ramasser notre sac du coureur, comprenant notre dossard, notre puce, notre chandail et le guide du coureur. Je devais aussi acheter 3 passes pour le traversier/autobus pour que mes parents et ma blonde puissent venir au site de départ avec moi, et revenir en autobus à l’arrivée. Une fois ma puce activée, nous avons fait le tour des exposants, il y avait pas mal de stock!

Notre chambre
Revenus à l’hôtel, nous avons rencontré Samuel et sa mère Luce, qui étaient au même hôtel que nous. Tous deux étaient du marathon, Sam à son 4è et Luce à son 1er, le baptême! Jocelyn Lacombe venait aussi coucher au même hôtel que nous, mais il arrivait seulement en soirée. Il m’avait d’ailleurs dit qu’il viendrait déjeuner avec nous dans la chambre le lendemain matin. Tout comme en 2008, nous devons nous rendre au traversier le matin de la course pour nous rendre sur le rive sud, à Lévis, où nous sommes par la suite transportés en autobus jusqu’au point de départ. Notre hôtel est un peu loin du traversier, on s’est callé un taxi la veille pour le matin de la course, à 6h. Sam et Luc allaient prendre le taxi avec nous.
Comme la tradition le veut, il faut augmenter le taux du glycogène au maximum la veille et quoi de mieux qu’un bon souper aux pâtes. Nous sommes donc tous allés manger au Pacini, bon vieux resto italien.
Arrivé à la chambre après un bon souper, j’ai préparé mon stock pour le lendemain matin. J’ai installé ma puce sur mon soulier, préparé mes gourdes, sorti mon linge et serré tout ce que je n’aurais pas besoin le lendemain car on devait quitter la chambre avant de partir le matin.

Mon stock est prêt pour le lendemain matin!
Jocelyn m’a appelé dans la soirée pour me dire qu’il serait à la chambre à 5h le lendemain matin. J’ai réglé le cadran pour 5h… et je me suis endormit seulement vers 11h… mon père ronflait!
Le cadran sonne à 5h… et quelques secondes plus tard, Jocelyn cogne à la porte, il était de bonne heure sur le piton!
Je ne change rien à ma routine, déjeuner 3 heures avant le départ composé de 2 toasts beurre de peanut et confitures aux fraises, 1 banane et un jus. C’est simple, mais y’a tout ce qu’il faut là-dedans, et c’est pas trop chargeant. Les réserves sont déjà faites de toutes façons, ça ne sert à rien de se bourrer…
Une fois qu’on a déjeuné, on a ramassé nos bagages et on a quitté la chambre. On ne pouvait pas revenir à la chambre puisqu’on doit la libérer pour midi et à cette heure, on vient à peine de terminer le marathon! Nous avons été porter les valises à l’auto et on a été rejoindre Samuel et Luce à l’entrée pour attendre le taxi. On devait se rendre au traversier sur le boulevard Champlain.
Il était 6h30 et nous traversions le Fleuve St-Laurent en direction de Lévis, petit voyage d’une quinzaine de minutes. On pouvait déjà sentir le vent qu’on annonçait, vent d’ouest d’une quinzine de km/h. Le soleil se levait à peine, c’était frisquet. Ça promettait…

Sur le traversiers, avec Sam, Luce, ma blonde et ma mère!
Une fois arrivé du côté de Lévis, nous avons prit l’autobus en direction du Centre des Congrès de Lévis, où se tenait le départ. Il y avait déjà beaucoup de monde arrivé, et on avait environ 1h30 à attendre… c’est long quand tu sais que ça s’en vient, c’est le moment qu’on attend depuis longtemps. Le soleil continuait de grimper dans le ciel… on sentait la chaleur augmenter de plus en plus.
Environ 15 minutes avant le départ, je me suis légèrement étiré mais pas trop, surtoût pas lorsqu’on est à froid mais étant donné que je part à un rythme assez smooth, le réchauffement se fait à ce moment!
La course
On annonce qu’il reste 5 minutes avant le départ, je prend donc place dans le peloton de tête, parmis les 150 premiers coureurs environ. J’ai repéré Samuel, je lui ai souhaité bonne chance, j’ai embrassé ma blonde et le départ était donné! À cet instant j’avais encore un peu de stress mais dès le départ sonné, le stress s’est estompé. C’était le moment que j’attendais, ce dont pourquoi je m’étais entraîné pendant 3 mois malgré des conditions de chaleur assez intense. J’ai dû aller courir le matin à 5h pendant environ 2 semaines parce que c’était beaucoup trop chaud pour aller courir le midi ou le soir.

Avant le départ
Déjà en partant, sur le 1er kilomètre, on sentait un bon vent de côté, ce qui laissait présager que j’allais avoir le vent de front tout le long du chemin du fleuve, en direction sud-ouest vers le pont de Québec, sur environ 15km. Les 5 km suivants étaient en direction nord-est, nous avions donc le vent de dos. Je n’avais que 2 ou 3 kilomètres de parcourus et je suais déjà à grosses gouttes, il faisait chaud!
Je n’avais pas de misère à tenir mon pace prévu, soit entre 4.25/km et 4.30/km, surtout avec le vent de dos. Par contre, arrivé aux alentours de 9km, nous étions rendu sur le chemin du fleuve, et on pouvait sentir le vent de front d’environ 15 à 20km/h, tenir le pace était rendu plus ardu…

Parcours réalisé avec ma montre Garmin 405
J’ai passé au 5km en 21:48, au 10km en 44:00 et au 21.1km en 1:34.54. À 1h35, j’étais en plein à 4.30/km, mais le pire était à venir 2km plus loin, la fameuse côte Garneau suivi de 5.5km de faux plat montant, jusqu’au 2/3 du pont. C’était l’ENFER!! J’avais déjà dépensé beaucoup d’énergie à combattre le vent que lorsque j’ai eu fini de faire l’ascension jusqu’au pont, j’avais mal aux jambes et je sentais les raideurs dans les mollets, signe que les crampes s’en venaient. Sur le pont, je voyais le Château Frontenac au loin, au bout du boulevard Champlain et je devais me rendre là, j’étais découragé. À partir de ce moment, j’ai laissé tomber mon objectif de 3h10 qui était impossible à réaliser, et j’ai opté pour le plan B, qui consistait à terminer le marathon, peu importe le temps. Abandonner ne m’a jamais traversé l’esprit, même pas une seconde!

Photo prise sur le boulevard Champlain
La descente du pont vers le boulevard Champlain a fait du bien, mais déjà à la fin du pont, j’ai dû arrêté quelques secondes pour me masser les mollets, je sentais de petites crampes… déjà! Il restait encore 14km à parcourir et il faisait de plus en plus chaud.
Dénivelé de parcours
Je descendais la côte menant sur le boulevard Champlain et je sentais que j’avais le vent de plus en plus de dos et le soleil me tapait dessus. Il ne restait plus que 11km, l’enfer commençait. À partir de cet endroit, j’ai dû arrêter pour me masser les mollets à plusieurs reprises pour éviter ou retarder les crampes. À 32.2km, il restait 10km à parcourir, et j’étais à 2:29.23. Pour être à 3h10, j’aurais dû passer le checkpoint en 2h25. C’était tout de même pas si mal.
J’ai rejoint Samuel à environ 5km de l’arrivée, qui lui aussi éprouvait des problèmes de crampes. Il est venu me rejoindre aux alentours de 2km mais je n’ai pas pu le suivre, j’ai dû arrêter à cause des crampes.
Sur les 2 derniers kilomètres, j’ai eu 3 bonnes crampes, dont deux qui m’ont forcées à arrêter pendant près de 10 minutes en tout.
J’ai finalement terminé mon 6è marathon en 3h32.54, ce qui est mon meilleur temps à Québec (3h34 et 3h35), et mon 3è meilleur temps sur mes 6 marathons.

À la fin de la course
L’après course
À l’arrivée, j’étais tout de même fatigué mais pas brûlé, étant donné que je n’ai pas pu courir comme je l’aurais pu à cause des crampes. J’étais très satisfait d’avoir complété le marathon, surtout avec les conditions que nous avons eu pendant la course, c’était loin d’être facile… j’avais de quoi être fier.
J’ai remis ma puce, j’ai reçu ma médaille et j’ai remplit mon sac de bouffe et j’ai rejoint ma blonde et mes parents dans le parc de la gare qui sert d’aire de repos pour les coureurs.
Cette année, il y avait des douches disponibles à l’arrivée (des douches dans un trailer de van de 51 pieds!). La douche était plus qu’appréciée…
Après avoir jasé avec Sam et avoir relaxé un peu, nous nous sommes trouvé un taxi pour retourner à l’hôtel pour récupérer la voiture. Nous sommes parti en direction de Saint-Paulin, ma course était faite et j’en étais bien fier…

Avec Sam après la course, nous étions vidés!
Un merci spécial…
… à mes parents qui ont fait le voyage avec nous et m’ont supporté tout le long de mon entraînement et de la course, à Egzakt qui me permet de m’entraîner sur l’heure du midi lors de mes journées de télé-travail, à tous ceux qui me supportent et un merci spécial à ma blonde qui me supporte toujours, qui m’endure, qui m’encourage, qui vit avec quelqu’un qui s’entraîne 5 jours par semaine à l’année longue… et maintenant qui porte notre enfant!

Ma 6è médaille de marathon!
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