Enfin, plus de crampes!
Marathon d’Ottawa – 30 mai 2010
Avoir après souffert de crampes aux mollets sur mes 4 premiers/derniers marathons et avoir essayé un peu toutes sortes de choses, j’ai lu il y a trois semaines sur le rôles de chacun des électrolytes dans la contraction/décontraction des muscles.
Fait intéressant, j’ai découvert que le magnésium était l’oligo-élément servant à décontracter le muscle aprés la contraction de celui-ci. Étant donné que je souffre de crampes (le muscle reste contracté!), je me dis que lorsque je cours un marathon, je dois sûrement perdre trop de magnésium. Dans mon cas, la perte d’électrolytes est vraiment abondante, voir assez rare chez les coureurs. Je vois souvent des gens avec du blanc dans le visage ou sur les bras après une course ou une « long run », mais autant que moi, c’est très rare.
J’ai donc décidé pour les deux dernières semaines de prendre des suppléments de 250mg de magnésium à raison de trois fois par jour. Pendant la course, j’avais prévu de prendre mes pastilles « eLoad », pastilles de sucre et électrolytes comme à Montréal l’an passé, mais en plus, j’aurais 5 comprimés de magnésium de 250mg sur moi, à prendre à chaque 8-10km.
Petite mésaventure…
Deux semaines avant le marathon, j’ai fait mon avant-dernière « long run », soit 25km entre Saint-Paulin et St-Étienne-des-Grès. Vers la fin, à environ 22 ou 23km, j’ai senti un point venir dans le mollet gauche, sans pour autant être une crampe… j’ai donc continué et plus tard, tout juste à la fin, même chose du côté droit. Je crois que j’ai eu des toutes petites contractures, car le mollet gauche était resté un peu crispé en un point précis, symptôme d’une contracture. Dans les jours qui ont suivi, évidemment j’avais des raideurs et les mollets sont venu gonflés. J’avais les mêmes symptômes qu’après mes autres marathon où j’ai souffert de crampes, les mollets se tiennent raides pour protéger les petites déchirures dans celui-ci et se gonflent.
Suite à ça, j’ai prit 2 jours de repos pour aller courir 10km le 3è jour. J’ai été prudent, je suis arrêté quelques fois pour me masser, mais je sentais toujours une raideur à l’endroit de la contracture dans le mollet droit. J’ai pu continuer de m’entraîner par la suite, tout en étant prudent, et les raideurs sont disparues. J’ai pu faire 20km la semaine avant le marathon. Par contre, les mollets étaient tout de même gonflés, sans pour autant avoir de douleurs, seulement quelques petites raideurs de temps à autre… et c’était un peu pire pour le mollet droit qui était plus enflé/gonflé.
J’ai prit 3 jours de repos avant le marathon, du jeudi au samedi. Étrangement, la veille de la course, j’avais mal au mollet droit et il était vraiment plus enflé que les deux jours précédents de repos… assez pour penser à ne pas faire la course. En montant à Ottawa, nous avons acheté un sac de glace et j’en ai mit à chaque heure, et ce, toute la journée, jusqu’au moment de nous coucher…
Le jour de la course

À l'hôtel avec Jocelyn, avant notre départ pour le Parc de la Confédération
Jocelyn Lacombe, coureur d’expérience de Saint-Paulin qui en était à son 25è marathon, a fait le voyage avec nous et était dans la même chambre à l’hôtel Marriott. Nous nous sommes levé à 4h, question de pouvoir manger 3h avant le début de la course. J’ai ensuite préparé mes gourdes, je me suis habillé et nous étions prêt à nous rendre au site de départ dans le parc de la Confédération, coin Elgin Street et Laurier Avenue. Nous sommes donc parti en direction du parc vers 6h, le départ étant à 7h.

Dans le Parc de la Confédération avec ma blonde, avant le départ
Le mollet se portait bien ce matin là, toujours un peu gonflé, mais moins pire que la veille. Je peux vous dire que j’étais très douteux, j’avais aucune idée de comment ça allait réagir en courant…
Une fois après avoir prit place sur la ligne de départ, j’ai rapidement repéré Samuel Gélinas et Éric Grenier, deux amis. Nous nous sommes souhaité bonne chance, puis le départ allait être donné rapidement.

Dans le Parc de la Confédération avec Jocelyn, avant le départ
C’est un départ!
Voilà, le départ est donné, il est 7h pile! Ma stratégie était de partir au pace prévu (4.30/km) et de m’ajuster selon les sensations que je ressentirais aux mollets. Dans les premiers km, j’ai essayé de courir plus avec les quadriceps que les mollets, question de leur donner une petite chance. Le feeling était pas pire!
J’avais un peu le feeling de jambes lourdes, surtout dans les quadriceps, mais pas plus que ça, le cardio était top shape, ça forçait à peine. Les jambes se sont rapidement ajustées. Les premiers km ont passés vraiment vite, nous avons franchis la borne de 10km en 44:03, 57 secondes d’avance sur mon pace prévu. Quand je dis « on », c’est que j’étais avec Éric Grenier et Robert Lépine, deux gars de la région de la Mauricie. Le premier split était à 11km, que j’ai passé en 49:17.
Je commençais déjà à sentir quelques petites raideurs, probablement normales, mais je n’ai pas prit de chance. J’ai prit des pastiles de eLoad à chaque point d’eau, et j’ai prit un comprimé de magnésium aux 8km environ.
Une fois que nous avons passé le RockCliffe Parkway, une belle promenade sur le bord de l’eau et à travers un parc, de toute beauté, nous avons passé le deuxième split, soit celui du demi-marathon à 21.1km, avec une belle pancarte « You’re halfway home! ». Mon temps de passage était de 1h34.13, soit 26 secondes d’avance sur mon pace prévu. Après être passé au demi, nous nous en allions maintenant vers la fameux Canal Rideau qui est de toute beauté.
Ça commence à faire mal…
On ne se fera pas de cachettes, à partir de 25km, ça fait mal. L’acide lactique fait son effet (de la raideur dans les muscles). J’ai comme pogné un « down », j’avais l’impression de travailler fort pour garder mon pace, les mollets étaient raides et j’avais peur de cramper… déjà à 25km. J’ai donc décidé d’arrêter pisser sur le bord du chemin où il n’y avait pas de spectateurs, ça me donnerait un break et en même temps, je devais arrêter là pour pisser! Être arrêté à 35km, je ne repartais pas. J’en ai profité pour me masser les mollets et je suis reparti tranquillement. Éric et Robert étaient déjà loins.
Les km s’accumulaient et je voyais bien que les mollets étaient raides (je ne parle pas des quadriceps parce qu’ils n’ont jamais été problématiques dans mon cas, mais eux aussi avaient mal et étaient assez raides), mais les crampes ne venaient pas… j’ai donc décidé de reprendre mon pace, et même de faire des km plus rapides un peu (aux alentours de 4:25/km) quand le parcours le permettait. J’ai franchis le split du 30km en 2h15:04, 4 secondes en retard sur mon pace prévu. C’était pas si mal, mais le pire était venir…
J’ai donc continué à tenir mon pace, quelques km un peu plus lents, d’autres un peu plus rapides, toujours très près de mon pace. Ça, j’en suis pas mal fier parce qu’arrivé à 32km, c’est très difficile d’accélérer ou de seulement maintenir le pace. J’ai repassé Robert aux alentours de 28km. Arrivé à 32.5km, on doit faire une petite boucle en passant en dessous d’un pont, pour pouvoir aller prendre celui-ci. Ce qui est drôle, c’est qu’on voit tout juste à notre droite, de l’autre côté de la rue, les coureurs qui sont passé en dessous du pont et qui embarquent sur celui-ci, en ayant environ 500m d’avance sur nous. C’est à cet endroit que j’ai vu un coureur de Trois-Rivières, Robert Gervais, que j’ai salué!
La fin de la course
Une fois le pont du 34è km passé (Heron road), je me sentais encore fort, je réussissais à tenir mon pace et même à faire quelques km plus rapidement, malgré la douleur et la raideur dans les jambes. Le mental était là. J’ai donc aperçu au loin mon ami Éric Grenier, aux alentours de 34km, que j’ai finalement dépassé aux alentours de 35.5km. Veut veut-pas, ça donne un boost. En plus, je lui en devais une!!! Il m’avait dépassé à peu près au même endroit l’an passé lorsque je souffrais de crampes. Ce boost m’a permis de continuer, ça fesait de plus en plus mal, c’était de plus en plus difficile sur le mental, mais je n’ai jamais abandonné. Il faut dire qu’à ce point, je n’avais aucune idée du temps auquel j’allais terminer, je ne regardais pas ma montre, et de toutes façons, j’allais déjà au maximum que je pouvais aller.
Arrivé à 38km, j’ai vu au loin Robert Gervais qui marchait un peu. Lorsque je l’ai croisé, il recommençait à courir. Je me suis dit qu’il avait facilement 500m d’avance lorsque je l’ai croisé au pont du 32.5km, c’était une motivation de plus.
Les trois derniers km furent assez long, on dirait qu’ils ne finissaient plus… j’avais mal, j’étais fatigué, mais je gardais quand même mon pace. Depuis le 28è km, personne ne m’avait dépassé, PERSONNE!! La seule personne à m’avoir dépassé, et je m’en rappelle très bien parce que la moto de police me klaxonnait, c’est le gagnant du demi-marathon qui était parti à 9h, il allait donc gagner sous les 1h10… Ça aussi, ça m’a boosté. Sur le dernier km, j’avais tellement le goût de marcher, juste quelques secondes, mais ma tête ne voulait pas!

Dans les derniers 200m de la course!
Arrivé à la borne du 1km de la course du 10km (195m plus loin que notre borne du 41km, d’où les 42.195km), j’ai accéléré encore plus, je voulais tout donner. Les bornes suivantes étaient les 750m, 500m, 400m, et c’est à cet endroit que j’ai regardé ma montre, je me rappelle que c’était environ 3h09.20, j’ai ouvert les gaz, pour le peu qui restait, et j’ai finalement sprinté sur les derniers 200m, j’ai tout donné!!!
Je regarde ma montre : 3h11.02, oui oui, à 3 secondes de me qualifier pour Boston, mais quelle joie tout de même!!!

Après la course, légère perte d'électrolytes?!
Je me foutais tellement de Boston, j’avais enfin vaincu les crampes et prouver ce que je pouvais faire sur un marathon! C’était ma plus grande victoire.
La récupération
Le retour à la maison s’est bien passé, c’est même moi qui a conduit pour le retour! Après une telle performance, je ne pouvais qu’être content et fier de moi. Pour éviter les blessures, j’ai prit 4 jours de congé d’entraînement, question d’aider les muscles à récupérer de cette épreuve très difficile sur le plan physique. Demain (vendredi), je reprend l’entraînement avec le vélo et je vais reprendre la course à pied samedi, j’ai très hâte, ça me ronge en dedans…!
Merci!
Merci à ma plus grande fan qui est toujours là pour me supporter (ma blonde!) et m’encourager, mes parents, mes frères et ma soeur, beau-frère et belle-soeur, mes oncles et tantes, mes patrons pour les horaires flexibles qui me permettent de m’entraîner et pour leur support, mes collègues chez Egzakt qui sont toujours derrière moi, Jocelyn, premier marathonien de St-Paulin, qui a fait le voyage avec nous et qui a participé à son 25è marathon en 3h45 et à tous les autres qui m’ont encouragé et supporté, MERCI!

Ma 5è médaille de marathon
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